Bibliothèque Forney

La bibliothèque Forney : arts graphiques, hôtel médiéval et musée

Bibliothèque Forney, Paris

Art graphiques et hôtel médiéval (extraits de Musées mini, musées chéris par Claire Bommelaer, Eric Biétry-Rivierre, Sophie de Santis et Nathalie Simon in Figaroscope du 19-25 novembre 2014, page 11).

« On doit cette bibliothèque à un industriel du XIX siècle, Samuel-Aimé Forney, qui légua à la Ville de Paris un ensemble d’ouvrages destiné à l’éducation des artisans. Ici sont rassemblés 230 000 volumes dédiés aux arts graphiques et aux beaux-arts, dont des recueils d’ornements, des manuels techniques du XIXe siècle, des cartes postales, des milliers d’échantillons de papiers peints, etc.

Son charme. La bibliothèque est nichée dans le quartier de Saint-Paul, en plein cœur de la capitale. Elle se déploie dans l’hôtel de Sens, un des rares témoignages d’architecture médiévale à Paris.

Son actualité. La bibliothèque organise de petites expositions originales, comme l’an dernier avec la thématique des anciennes affiches de publicité. En ce moment, zoom sur…les cuillères (« Histoire des cuillères »), où sont rassemblés 300 spécimens anciens ou étrangers de ce couvert de tous les jours. On peut également voir des livres et des affiches de l’artiste hongroise Ilona Kiss.  »

Bibliothèque Forney

1, rue du Figuier
75004 Paris
Tél : 01.42.78.14.60
http://equipement.paris.fr/bibliotheque-forney-18

Métro : Pont-Marie ou Saint-Paul

Mardi, vendredi, samedi, de 13h à 19h30
Mercredi, jeudi : 10h-19h30

Expositions : du mardi au samedi, de 13h à 19h
Fermeture dimanche et lundi


Bibliothèque Forney, Paris

Faire du bibliotourisme à Paris pour voir l’hôtel de Sens, un des rares vestiges de l’habitation civile du Moyen Âge construit de 1475 à 1519 sur l’ordre de Tristan de Salazar, archevêque de Sens.
Depuis 1961, date de son installation dans l’hôtel de Sens, la bibliothèque Forney accueille les étudiants en histoire de l’art ou en architecture, professionnels de la mode, du graphisme et du design. D’abord uniquement consacrée aux métiers d’art et aux arts décoratifs, elle a étendu ses spécialisations aux Beaux-Arts, Arts graphiques, Arts appliqués.

A noter, l’accès à la bibliothèque n’est possible que sur inscription. Il se peut que la bibliothèque, victime de son succès, cherche à limiter le nombre de lecteurs potentiels. Il vous faudra donc montrer patte blanche ou choisir un horaire favorable si vous souhaitez la visiter en insistant bien sur l’aspect temporaire de votre visite. Une fois à l’intérieur, on est forcément subjugués par les voûtes du XVème siècle qui décorent la salle de lecture. Quant au fonds documentaire, je comprends bien que l’on puisse y passer la journée !

Bibliothèque Forney, Paris

Lors de notre passage, nous avons aussi pu admirer les livres objets (tiens ça me parle !) de l’artiste Ilona Kiss dont un exemplaire fort original de « café livrets » confectionné à partir d’une centaine de filtres à café récupérés, lavés et séchés.

Café livrets par Ilona Kiss à la bibliothèque Forney, Paris

Café livrets par Ilona Kiss à la bibliothèque Forney, Paris

Nous avons eu également l’occasion de voir l’exposition Histoires de cuillères, retraçant l’histoire de cet ustensile à travers toutes les époques, tous les continents et tous les matériaux. Je ne vais pas trop en dire sur cette exposition car elle se termine le 3 janvier 2015. Je peux juste vous dire qu’une exposition, dans un petit musée sur un sujet aussi pointu peut sembler déroutante mais celle-ci était particulièrement réussie. Si vous échouez devant la porte d’une grande expo parisienne surpeuplée, pensez à celles de la Bibliothèque Forney, vous ne serez pas déçus par l’endroit.

Histoires de cuillères à la Bibliothèque Forney

A noter : une impressionnante boutique avec possibilité d’acheter des cartes postales anciennes sur tous sujets.

Pour conclure, une petite anecdote assez savoureuse concernant cette visite.
A mon arrivée dans le hall de la bibliothèque, un samedi soir de début de décembre alors que la frénésie des achats de Noël battait déjà son plein dans Paris, qu’elle ne fut pas ma surprise de croiser un collègue documentaliste juridique qui renouvelait son inscription. Il va sans dire que nous nous étions pas donné rendez-vous et que nos chances de nous rencontrer dans Paris à la bibliothèque Forney, le même jour à la même heure sachant que nous ne sommes pas parisiens étaient plus que minimes.

Conclusion : que fait un documentaliste à ses heures perdues ?
Et bien, il visite parfois d’autres bibliothèques, en mode touristique ou en mode abonné !
On ne se refait pas !

Knowledge Management arbre

Retour d’expérience sur la formation Knowledge Management 2.0 : enjeux et mise en œuvre par Anne Thébault

Knowledge Management arbre

Retour d’expérience sur la formation Knowledge Management 2.0 : enjeux et mise en œuvre par Anne Thébault

Voir le programme de la formation sur le site de l’ADBS : http://bit.ly/1xsENPC

Tout d’abord, je dois préciser que je me suis inscrite à cette formation pour moi et non dans le cadre du travail.

Je n’avais aucun projet en cours mais seulement un début de volonté de la part de mon entreprise de mettre en place un projet KM.

Je me suis donc présentée à la formation en pensant assister à une présentation technique sur les solutions KM existantes.

Dès les premières minutes, je me suis rendue compte que j’étais bien loin du compte.

Nous avons commencé par exprimer notre propre vision du KM en dessin (et oui j’ai pu mette à profit mes talents de graphiste).

Nous n’étions que 4 personnes à assister à la formation et nous avons eu énormément de temps de parole et de réflexion en binôme ou toutes ensemble. Nous venions d’horizons différents, avec des formations différentes et surtout des postes totalement différents.

Cela nous a permis d’ouvrir un peu la vision que nous avions du KM et de comprendre que les applications étaient bien plus vastes que nous l’avions pensé.

La formation en elle-même était dispensée par deux universitaires (Aurélie Dudezert et Kelly Sellin) très à l’écoute et plus proche de coach que de professeurs. Les concepts nous ont été clairement présentés avec beaucoup d’exemples, d’exercices et un lien constant avec nos (futurs) projets KM. J’ai vraiment eu le sentiment d’être assistée dans la construction de mon projet.

Finalement je suis sortie de cette formation avec une bonne idée de projet à proposer à mes associés, un argumentaire plutôt solide et une re-motivation bien utile. Cette formation m’a la fois permis de me lancer dans un nouveau projet motivant mais aussi de réfléchir à l’évolution de mon poste et de mon métier. C’était enrichissant à tous les points de vue.

Anne Thébault, documentaliste juridique

 

Olivier Duhamel, Jean Veil. – La parole est à l’avocat. Paris : Dalloz, 2014. – 147 p. – ISBN 978-2-247-13967-5

La parole est à l’avocat, une bonne idée cadeau pour 3 euros

Olivier Duhamel, Jean Veil. – La parole est à l’avocat. Paris : Dalloz, 2014. – 147 p. – ISBN 978-2-247-13967-5Olivier Duhamel, Jean Veil. – La parole est à l’avocat. Paris : Dalloz, 2014. – 147 p. – ISBN 978-2-247-13967-5

Il est un peu tard pour le commander pour l’offrir pour Noël, mais vous pouvez toujours le trouver à la vente dans votre librairie de quartier (il y était dans la mienne ce week-end).

Compte-tenu de son prix (3 euros) et de son format poche (8 x 12 cm), c’est le cadeau d’assiette ou cadeau d’invité parfait (attention toutefois à ce que certains de vos convives ne s’étouffent pas en le découvrant !) à offrir aux avocats en poste, aux étudiants en droit, aux juristes et fonctions support des cabinets.

Plus concrètement, il peut facilement s’insérer dans une carte de vœux à l’attention des (meilleurs) clients des avocats et faire la différence car il les accompagnera utilement dans les transports, en salle d’attente, avec votre carte de visite en marque-page.

Un bon outil de communication juridique que l’avocat pourra personnaliser avec une dédicace sur la première page.

D’ « Accusé » à « Vérité », près de deux cents citations, pour rire de quelques perles d’avocats ou de bons mots à leur propos, pour retrouver des procès célèbres qui ont jalonné notre histoire, pour se délecter des morceaux d’une belle éloquence, pour réfléchir sur quelques grandes notions de droit.

Une citation en passant :

Je ne paie pas un avocat pour qu’il me dise ce que je ne peux pas faire, je le paie pour qu’il m’explique comment faire ce que j’ai envie de faire. Henry Ford.

A noter : les auteurs appellent à contribution pour enrichir les futures éditions.

Nuage de mots pour Sérendipidoc

Le concept de sérendipité

Nuage de mots pour Sérendipidoc

J’ai déjà expliqué dans ma présentation du site d’où venait le nom de ce blog Sérendipidoc.

Pour retracer dans le détail, la véritable genèse de l’idée, voici ci-dessous l’histoire de ma démarche et une bibliographie sélective sur ce sujet.

Un samedi matin, dans la librairie de ma ville (de banlieue parisienne), je suis tombée sur l’ouvrage suivant :

Sylvie Catellin. - Sérendipité, du conte au concept . – Paris : Seuil, 2014. - (Science ouverte). – 264 p. ISBN 978-2021136821

Sylvie Catellin. – Sérendipité, du conte au concept . – Paris : Seuil, 2014. – (Science ouverte). – 264 p. ISBN 978-2021136821

http://www.seuil.com/livre-9782021136821.htm

J’ai été attirée par l’ouvrage parce que je connaissais le terme. A vrai dire, j’étais surprise de le voir exposé parmi les nouveautés. C’était bien la preuve que ce libraire avait de la ressource et d’autres choses à nous proposer que les best-sellers de l’année. Je n’en doutais pas, c’est d’ailleurs pour cela que je le fréquente, mais ça m’a fait plaisir de le vérifier à cette occasion. Rien ne vaut le travail de sélection des libraires, un peu d’encouragement pour cette profession en passant. Il faut dire que ce libraire là serait le grand spécialiste du concept. Si je n’ai pas acheté l’ouvrage en passant ce samedi matin de mai 2014, le Père Noël, qui connait bien mes goûts, s’en est chargé pour Noël 2014. Qu’il en soit remercié ! Voir ma chronique sur ce livre.

En rentrant chez moi, j’ai cherché à rafraîchir mes connaissances sur le sujet et j’ai trouvé, la fiche Wikipédia plutôt bien faite :

Fiche Wikipédia Sérendipité : http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9rendipit%C3%A9

Puis j’ai consulté d’autres articles en ligne que vous trouverez ci-dessous.

Il s’agit d’une bibliographie en ligne non exhaustive sur le concept de Sérendipité par ordre chronologique de publication.

Je la mettrai à jour (en mettant à jour l’article) à chaque nouvelle trouvaille sur le sujet en essayant de me concentrer sur l’angle Sérendipité et sciences de l’information et de la communication (recherche documentaire).

Bonne lecture ! N’hésitez pas à me faire part de vos découvertes.

Ingénieries de la sérendipité par Olivier Ertscheid, 3 février 2010

http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2010/02/ingenieries-de-la-serendipite.html

Déjà en 2010 ! A mon sens l’article fondateur de l’étude de la sérendipité appliquée aux sciences de l’information par un expert du domaine.

Marie-Anne Paveau. Ce lumineux objet du désir épistémique. Article accompagnant l’édition critique du conte Les aventures des trois princes de Serendip, 2011, pp.225-243. <hal-00596738>

https://hal.archives-ouvertes.fr/file/index/docid/596738/filename/serendipiteMAP.pdf

Ne surtout pas s’arrêter au titre qui peut sembler barbare, l’article est limpide. Je tire la même conclusion que l’auteur : « bien plus qu’un hasard, la sérendipité est une philosophie et une manière de vivre ».

Karine Aillerie. – Pratiques juvéniles d’information : de l’incertitude à la sérendipité, Documentaliste-Sciences de l’Information 2012/1 (Vol. 49), p. 62-69. DOI 10.391/docsi.491.0062

http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=DOCSI_491_0062

Résumé : La sérendipité peut-elle être considérée comme une compétence ? À travers les propos d’une cinquantaine de collégiens et lycéens recueillis lors d’une enquête réalisée en 2008, Karine Aillerie étudie les comportements des jeunes internautes lors de leurs recherches d’information sur Internet. Loin de ressentir un sentiment d’incertitude, certains se laissent tenter par le chemin des écoliers sur les sentiers sinueux d’Internet ; d’autres au contraire ont peur de s’y perdre et n’osent s’aventurer hors des parcours balisés. Cette aptitude à accepter d’aller vers l’inconnu, à être ouvert à de nouvelles découvertes, cette ouverture à la sérendipité, raffermit ces adolescents dans une attitude de recherche plutôt que de résultats.

Intéressant à lire, même si l’on a pas d’adolescents à la maison. « Cette aptitude à la sérendipité s’associe par ailleurs étroitement, et logiquement, avec le réflexe de garder une trace de quelque chose que l’on a trouvé et que l’on pense pouvoir être utile ».

Marie-Anne Chabin. – Sérendipité in Sérendipité et autres curiosités, ELP Éditeur, 2013

http://www.marieannechabin.fr/2012/03/serendipite/

Dans le recueil qui réunit 59 billets du blog de Marie-Anne Chabin postés entre 2011 et 2012, la sérendipité correspond au chapitre 40 et donne aussi son titre au recueil. Ce billet étant également disponible en ligne dans sa version de publication d’origine, c’est un vrai bonheur de le partager avec vous car ce texte est une pure merveille.

La sérendipité sur Internet : égarement documentaire ou recherche créatrice? Par Eva Sandri in Revue Cygne Noir, n°1/2013

http://www.revuecygnenoir.org/numero/article/la-serendipite-sur-internet

Le deuxième article fondateur sur sérendipité et recherche documentaire.

La sérendipité ou comment trouver un contenu utile sans l’avoir cherché par rigthbrainme, publié le 12 septembre 2014

http://right-brain.me/2014/09/12/la-serendipite-ou-comment-trouver-un-contenu-utile-sans-lavoir-cherche/

Faire de la sérendipité un atout marketing et de communication digitale ou comment faire évoluer son entreprise (et sa carrière) en provoquant la sérendipité avec des exemples, passionnant !


 

Dernière mise à jour de l’article : 25 mai 2015

Bibliothèque du monastère de Strahov, salle philosophique, crédit Wikipédia

La bibliothèque du monastère de Strahov (Prague)

Bibliothèque du monastère de Strahov, salle philosophique, crédit Wikipédia

Bibliothèque du monastère de Strahov, salle philosophique, crédit Wikipédia

Visite de la bibliothèque du monastère de Stahov (Prague) par  Natacha Couvert-Tarnowka, Documentaliste juridique – Archiviste.

Document en version PDF, contient plusieurs photographies : Visite bibliothèque du Monastère de Stahov.

Si vous aussi, vous pratiquez le bibliotourisme pendant vos congés, n’hésitez pas à m’en faire part afin d’enrichir la rubrique des plus belles bibliothèques.

Cour de Cassation Grand' Chambre, crédit Cour de Cassation

Les sources du droit à l’aune de la pratique judiciaire par Natacha Couvert

Les sources du droit à l’aune de la pratique judiciaire, colloque du 11 décembre 2014, compte-rendu par Natacha Couvert-Tarnowka

Cour de Cassation Grand' Chambre, crédit Cour de Cassation

Cour de Cassation « Grand’ Chambre », crédit Cour de Cassation

Lien vers la page du colloque : http://bit.ly/1wCL10p

Petit rappel : La Cour de cassation est la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire. Elle a pour rôle de contrôler la bonne application du droit par les juges judiciaires et elle assure l‘unité de l’interprétation des règles de droit. Elle ne rejuge en aucun cas les faits.

Le cadre est magnifique, la « Grand’ Chambre de la Cour de cassation » a été inaugurée en 1892. La décoration est éclatante, le plafond est orné de  lourds bandeaux de stuc doré, richement retravaillés. Des peintures de Paul Baudry, Elie Delaunay et Jules Lefèbvre couvrent la salle, dont les dimensions sont : 23 m sur 13m et 9m50 de hauteur.

Ce colloque propose d’examiner la place des diverses sources du droit dans la pratique judiciaire, sous le regard des historiens de la science juridique et des praticiens du droit. L’auditoire se compose d’étudiants, d’avocats, de magistrats et d’universitaires.

Programme :

Le fonds patrimonial de la bibliothèque de la Cour de cassation : perspectives de recherches

La Bibliothèque a été constituée dès les premières années du 19ème siècle. Elle dispose d’un fonds très ancien car elle avait une vocation encyclopédique, à l’origine. Néanmoins elle a su faire le lien entre le droit ancien et le droit moderne, et elle a su s’adapter aux nouvelles technologies.

La première partie du colloque se définit ainsi : « les sources de la jurisprudence » :

la typologie des normes
l’ordonnancement des normes : la valeur des codes
l’ordonnancement des normes : la place de la coutume

La seconde partie est consacrée à la « jurisprudence comme source » :

la place et la valeur des consultations et des mémoires
la place et la valeur des rapports et avis
la structure et la valeur de la décision
la diffusion de la jurisprudence comme source du droit

Il n’est pas possible de faire un résumé d’un colloque aussi riche, tant du point de vue historique que du point de vue légal. De nombreuses questions ont été soulevées et de nombreuses perspectives ont été évoquées.

Néanmoins, on peut dire que la Cour de cassation a réussi le virage du numérique : elle pense à la fois aux outils et au contenu. Le Centre de documentation, piloté par Jean-Paul Jean, président de chambre à la Cour de cassation, doit faire face à une pluie d’informations. Il doit alerter et trier l’information, faire preuve de méthode et de cohérence interne.

La diffusion de la jurisprudence de la Cour de cassation devient un enjeu important car il faut la valoriser. Pour y parvenir, elle doit être hiérarchisée et il doit y avoir moins de pourvois. Car plus les décisions sont nombreuses, plus il y a un risque de divergence.

Des réflexions sont menées sur les thèmes suivants :

– Qui comprend une décision de la Cour de cassation en dehors des praticiens du droit ?

– Faut-il envisager de faire un résumé ou une synthèse de ces décisions ?

– Faut-il mettre en place une politique de traduction ?

Il faut dire le droit et être compris.

Natacha Couvert-Tarnowka
Documentaliste juridique – Archiviste

Affiche FNUJA

Guide de l’avocat & du numérique par la Commission Nouvelles technologies FNUJA

Affiche FNUJA

Affiche FNUJA

 

Guide de l’avocat & du numérique par la Commission Nouvelles technologies FNUJA, première édition, 2014-2015, 25 pages (mis en ligne le 17 novembre 2014). En accès libre sur le site.

 

 

 

 

 

 

 

http://www.fnuja.com/Le-GUIDE-DE-L-AVOCAT-et-du-NUMERIQUE_a1990.html

J’ai comme l’impression que ce guide est presque passé inaperçu sur la blogosphère, comme un dommage collatéral du projet de loi Macron qui aurait phagocyté la plupart des sites représentatifs de la profession d’avocat. Et pourtant c’est une mine que je vous invite à télécharger, que vous soyez jeune avocat ou vieux briscard du droit !

Loin du discours traditionnel qui répète à longueur d’année « communiquer c’est bien » ou « ne pas communiquer sur internet c’est mal », nous avons là un concentré de solutions techniques avec conseils pointus, chiffres et coûts, que du concret, du pragmatique comme le souligne l’introduction !

Je passe sur le premier chapitre qui concerne l’informatique d’un cabinet d’avocats pour me concentrer sur les chapitres relatifs à la communication juridique à savoir le chapitre 2 Développement de clientèle et site internet, le chapitre 3 Le référencement du site internet de l’avocat, le chapitre 4 Développement de clientèle et réseaux sociaux et le chapitre 5 Les newsletters.

Le chapitre 2 Développement de clientèle et site internet aborde les règles déontologiques applicables qui seront bien utiles à rappeler à votre prestataire informatique s’il n’est pas familier de la profession d’avocat.

Dans la construction du site, les coûts communiqués concernent l’hébergement. Intéressant mais pas suffisant. Il aurait été intéressant d’avoir une fourchette de prix concernant la construction d’un site par un prestataire. Ce genre d’information est difficile à trouver.

Voir à sujet l’étude de Caura Barszcz dans la lettre Juristes associés n° 391-392 en date du 10 janvier 2014. Elle contient un dossier spécial sur les sites web des cabinets avec un benchmark des 10 sites web récemment mis en ligne ou refondus. Seuls deux budgets sont mentionnés de 8600 euros à moins de 20.000 euros. Cette fourchette n’est pas révélatrice car elle concerne surtout des cabinets parisiens de taille importante. Le coût d’un site internet d’un cabinet d’avocats est en rapport avec la taille de la structure et avec la complexité du site et ses fonctionnalités.

Dans ce chapitre, voir aussi un très utile modèle de Mentions légales à personnaliser.

Le chapitre 3 sur le référencement propose un concentré de conseils pour améliorer son référencement naturel. Le référencement payant est aussi abordé tout en signalant que ce genre de service pourrait être déontologiquement contestable.
Sans parler déontologie, j’y suis pour ma part formellement opposée.
Pour être bien référencé, il suffit d’avoir un site à jour, d’écrire régulièrement et de préférence sur un sujet d’expertise pointu (ce qui sous-entend de ne pas avoir uniquement un site plaquette mais un site avec un peu de contenu juridique ou contenu d’actualité ou un site plaquette + un blog juridique associé) et d’être persévérant (le référencement naturel prend du temps).
Je ne suis pas la seule à penser cela.
Voir sur ce sujet un récent article d’Emmanuel Barthe : 10 conseils pour mieux référencer votre site dans Google … et ailleurs. Bloguez là où les autres ne vont pas et apportez votre expertise :

http://www.precisement.org/blog/10-conseils-pour-mieux-referencer-votre-site-dans-Google-et-ailleurs.html

Cet article complétera utilement le chapitre 3 du présente guide.

Le chapitre 4 sur les réseaux sociaux et le chapitre 5 sur les newsletters aborde ces média sous l’angle déontologique et l’angle de la protection des données.

Le chapitre 5 sur les newsletters mériterait d’être mis à jour suite à la parution du Décret n° 2014-1251 du 28 octobre 2014 relatif aux modes de communication des avocats.
Le décret indique que la sollicitation peut prendre la forme d’un courrier postal ou d’un mail (donc j’imagine pas de problème pour un mail contenant une newsletter) mais pas d’un SMS.

Le chapitre 6 qui aborde l’exercice professionnel en ligne est tout à fait d’actualité à l’heure où de nombreux avocats peuvent être tentés d’apporter leur caution juridique aux start-up du droit qui fleurissent sur internet. Attention à la « confusion sur les rôles des intervenants et le périmètre exact des prestations fournies » souligne le guide.

A voir aussi la synthèse des préconisations de la FNUJA sur le livre blanc du e-cabinet qui met l’accent sur la nécessité de former les avocats au webmarketing, à la gestion des données personnelles et la gestion des données clients ainsi qu’à l’activité judiciaire en ligne.

Bravo à la FNUJA pour cette utile initiative.

Formation CIL

Documentalistes, intéressez-vous à la fonction CIL

Formation CIL

Qu’est-ce qu’un CIL ?

La fonction Correspondant Informatique et Libertés a été instaurée par la loi du 6 août 2004. Les entreprises et les organismes publics ont la faculté de désigner officiellement un CIL.
Le CIL accomplit des missions de contrôle interne de conformité à la loi informatique et libertés au sein de l’organisme dont il est CIL. Cette maîtrise des risques juridiques est d’autant plus importante que la plupart des manquements à la loi du 6 janvier 1978 sont pénalement sanctionnés.
Les fonctions de CIL s’exercent à temps plein ou partiel, en qualité de salarié ou de consultant externe.

Pourquoi désigner un CIL ?

  • Etre dispensé d’une grande majorité des déclarations (remplacées par le registre)
  • Disposer d’un conseiller interne (avec un accès facilité aux services de la CNIL, sur tous les projets informatiques, anticiper les évolutions légales)
  • Renforcer la sécurité juridique (mise en conformité et maintien de la conformité, sensibilisation)
  • Améliorer l’image (engagement pour la vie privée, responsabilité sociétale, réduction du risque de sanction surtout si elle est rendue publique).

Source : extrait du support HSC (slide 75/291)

Voir aussi :

http://www.cnil.fr/linstitution/missions/informer-conseiller/correspondants/pourquoi-designer-un-cil/

Qui peut être CIL ?

D’après la loi Informatique et Libertés, le CIL est une personne qui bénéficie des « compétences et des qualifications requises pour exercer ses missions. » Pas de diplôme particulier, pas d’agrément. Idéalement le CIL a une double compétence en droit et en informatique, plusieurs années d’ancienneté dans l’organisme et serait chef de service ou d’un niveau de responsabilité équivalent. Il peut s’agir d’une personne physique ou morale, d’un employé de l’organisme ou, sous certaines conditions, d’une personne extérieure à celui-ci.

En savoir + : la désignation du CIL en questions

http://www.cnil.fr/linstitution/missions/informer-conseiller/correspondants/questions-reponses/

Pourquoi un documentaliste (juridique) a-t-il des aptitudes pour être CIL ?

  • Rigueur. Organisation.
  • Compétence dans l’utilisation et l’administration de bases de données. Compétences informatiques.
  • Connaissances juridiques. Sens du respect de la règle de droit.

Où se former ?

A ce jour, il n’existe pas de diplôme CIL et pas de certification de personnes par la CNIL.

La CNIL propose des ateliers d’information gratuits, généralistes et thématiques, animés par ses propres experts.

Si l’on souhaite une formation concrète, pratique et opérationnelle, il est conseillé d’en suivre une auprès d’un organisme de formation piloté par des experts, des avocats, des juristes.

La formation que j’ai suivie était une formation de trois jours consécutifs organisée par la société Hervé Schauer Consultants, ci-dessous HSC (société de conseil en sécurité des systèmes d’information depuis 1989). Elle était prise en charge dans le cadre de mon Droit Individuel à la Formation (DIF).

Formation CIL 3 jours HSC : http://www.hsc-formation.fr/formations/cil_3jours.html.fr

Ce que j’ai pensé de la formation

Je ne pense pas que le poste de CIL soit une priorité pour les petites structures.
Après la formation, je continue de penser que cette fonction est tout à fait compatible avec les capacités techniques et juridiques des documentalistes juridiques.
En ce qui me concerne, je n’envisage pas à court terme de demander à être désignée CIL de mon employeur car je pense que cette tâche, pour être correctement exécutée, me demanderait d’abandonner d’autres fonctions. En revanche, j’envisage de m’intéresser aux problématiques informatique et libertés. Sans pour autant être désigné CIL, il est possible d’occuper une fonction de « référent ou relais CNIL« . L’activité de référent CNIL recoupe une grande partie des fonctions du CIL : sensibilisation à la loi informatique et libertés, enregistrement des déclarations ou établissement de dispenses de déclaration, tenue d’un registre des déclarations, interlocuteur privilégié de l’entreprise pour les questions relatives à la loi informatique et libertés, force de propositions pour les dirigeants.

Qui peut le plus peut le moins. Avec cette formation de trois jours sur la fonction CIL, on peut donc préparer le terrain et se sensibiliser au sujet ou prévoir d’exercer la fonction CIL avec tous les outils en main, notamment si l’on travaille dans une organisation/entreprise importante qui souhaite créer ce poste à temps plein ou à temps partiel.

La formation HSC se compose à la fois d’une analyse pointue de la loi du 6 janvier 1978 (exposé magistral) et d’exercices pratiques avec notamment une mise en situation sous forme de jeu de rôle particulièrement instructive. Son succès est, à mon sens, lié à la fois au professionnalisme de l’intervenant, Frédéric Connes, et à un support de cours particulièrement bien rôdé et détaillé. La formation aborde des points qui ne figurent pas forcément dans la loi de 78. Le formateur a pour but de nous initier à l’appréciation des risques et donc à une interprétation plus ou moins stricte des règles, ce qui serait impossible dans le cadre d’un atelier dispensé par la CNIL.
HSC ayant été la première société à être certifiée par la CNIL (pour leur formation initialement de deux jours), le formateur a un grand recul sur la fonction CIL et n’hésite à partager divers retours d’expérience qu’il a pu connaître via sa pratique ou ses anciens stagiaires.

A noter, HSC a déménagé fin octobre 2014 et dispense désormais ses formations au 185 avenue Charles de Gaulle à Neuilly-sur-Seine (face au métro Pont de Neuilly), locaux Deloitte.

Dans quelle mesure cette activité est-elle en devenir ?

Un nouveau débouché dans les métiers du droit en entreprise, en administration, collectivité locale ou association.

Compte-tenu des enjeux et des risques juridiques de plus en plus forts liés à cette réglementation, il y a actuellement un fort engouement pour cette fonction.

Près de 14 400 organismes ont déjà désigné un CIL (chiffres à jour à novembre 2014). Plus de 80 % des organismes ayant désigné un CIL relèvent du secteur privé .Plus de 80 % des organismes ayant désigné un CIL comptent plus de 1000 salariés.

La tendance au développement des CIL dans les entreprises et les administrations devrait se confirmer de manière très significative à moyen terme (2015-2017) dans le contexte d’un projet de règlement européen présenté par la Commission Européenne le 25 janvier 2012 qui prévoit de rendre la fonction de « Data Protection Officer » (DPO)  obligatoire pour les organismes publics et pour les personnes morales dont le traitement des données porterait sur plus de 5000 personnes concernées sur une période de 12 mois consécutifs.

Etat d’avancement du projet de Règlement sur la Protection des données à caractère personnel :

http://www.europarl.europa.eu/oeil/popups/ficheprocedure.do?reference=2012/0011(COD)&l=fr

Comment suivre l’actualité en rapport avec ce domaine une fois formé ?

Suivre l’évolution des textes

Sur Légifrance pour la loi informatique et libertés et sur Eurlex pour les directives et règlements.

Le groupe 29 (les « CNIL » européennes)

Sur le site de la CNIL

Par ailleurs, la CNIL met à disposition des CIL un site extranet qui permet notamment de consulter les dernières actualités sur les sujets et secteurs d’activité qui les intéressent

Association Française des Correspondants à la protection des Données à caractère Personnel (existe depuis 2004), AFCDP

En savoir + :

Le Guide du Correspondant Informatique et Libertés par la CNIL (édition 2011) :

http://www.cnil.fr/fileadmin/documents/Guides_pratiques/CNIL_Guide_correspondants.pdf

Le correspondant « informatique et libertés » par Guillaume Desgens-Pasanau, Préface de Alex Türk. – Paris : LexisNexis (Droit & Professionnels, Communication et commerce électronique), 2013. – 374 pages. – ISBN : 978-2-7110-1886-4

Code informatique, fichiers et libertés par Alain Bensoussan. – Bruxelles : Larcier (Les codes commentés Larcier), 2014. – 904 pages. – ISBN : 978-2-8044-7300-6

 

 

Bruno Bernard SIMON. – Vos recherches avec Google

Vos recherches avec Google par Bruno Bernard Simon

Bruno Bernard SIMON. – Vos recherches avec GBruno Bernard SIMON. – Vos recherches avec Googleoogle. – Paris : Editions Klog, 2014. – 159 p. ISBN : 979-10-922272-01-7

Ah Google ! On ne peut pas empêcher nos utilisateurs de l’utiliser, alors autant en connaître tous les rouages pour devenir les experts de Google et former les autres.

 

 

 

L’ouvrage de Bruno Bernard SIMON commence par une partie Comment fonctionne Google ? qui est tout simplement passionnante. Elle se lit presque comme une enquête. L’auteur, qui reconnait la surpuissance du moteur, ne dresse pas pour autant un portrait flatteur de la firme américaine. Les pratiques obscures (notamment pour le référencement et le classement des pages) sont dénoncées, les questions sur les dangers de la situation monopoliste sont posées : « Google n’a plus pour premier objectif de nous aider à trouver l’information désirée, son premier objectif est de conserver son monopole sur le marché de l’information en ligne, de maintenir sa cotation boursière de 244 milliards de dollars et d’engranger ses trente millions de dollars de recette quotidienne » (p. 47).

Dans ce chapitre vous en saurez plus sur le bestiaire de Google où comment  « pour les margoulins du référencement, Panda, pingouin et colibri sont par contre autant de puma, crocodile et aigles…  » (p. 46).

Ce livre s’adresse aussi bien au profane qu’au professionnel de l’information. Il incite ce dernier à jouer un rôle important dans la validation des sources et à informer l’usager sur les limites de la recherche via Google : « nous ne trouvons donc pas tout sur le Web sans payer pour l’information à valeur ajoutée ; nous devons avoir clairement à l’esprit cette limitation » (p. 56).

Puis à devenir expert de l’outil : « Ainsi Google, sans être directement opposé aux professionnels de l’information, ne les aide pas pour autant. Cette assertion ne reflète pas un réflexe anti-Google basé sur de mauvaises raisons émotionnelles : Google est un outil puissant et pertinent mais il n’est pas neutre. Il est donc important d’en connaître le fonctionnement technique que la stratégie pour mieux l’utiliser » (p. 54).

Ce qui nous amène à la partie Maîtriser Google qui aborde toutes les fonctionnalités de l’outil avec pour commencer un utile rappel de la logique booléenne p. 76 [mon avis : c’est fou le nombre de gens qui font de la logique booléenne bien ou mal sans le savoir; il est impératif de bien assimiler la logique booléenne pas seulement pour Google mais pour l’interrogation de toutes les bases de données].

Viennent ensuite les pages sur la syntaxe et les commandes de Google.

A ce stade, j’aurais deux suggestions à faire à l’éditeur :

–  proposer l’aide-mémoire de la syntaxe de Google à cheval sur les pages 88 à 89 sur une fiche cartonnée détachable de l’ouvrage, voire même déjà détachée sous forme de grand marque-page,

–  faire une mise à jour de l’ouvrage via newsletter jusqu’à la prochaine édition car comme le dit l’auteur lui-même : « la syntaxe et les commandes évoluent, certaines commandes sont retirées au fil du temps, d’autres ajoutées. Il est donc fortement conseillé d’aller régulièrement sur la page de recherche avancée pour surveiller l’évolution du langage documentaire de Google » (p. 91).

Pour expliquer la recherche, l’auteur revient à nouveau sur les principes d’indexation et de classement de Google. Son analyse des pages de résultats (SERP = Search Engine Results Page) est à la fois utile aux documentalistes et aux webmasters.

Une partie concerne les applications Google (Google livres, Google actualités, Google scholar).

A noter aussi un original chapitre sur des conseils pédagogiques pour former nos utilisateurs à Google, l’auteur qui est formateur lui-même, ne peut être que de bon conseil !

Je ne peux que recommander l’ouvrage de Bruno Bernard SIMON qui est à la fois clair, pratique et plutôt amusant à lire. Cet ouvrage concerne un outil. Il est donc forcément technique mais les nombreuses copies d’écran, les nombreux exemples et le style dynamique de l’auteur en font un apprentissage ludique.

Les articles concernant la stratégie de la firme Google ou les fonctions avancées de recherche se retrouvent facilement sur internet mais de manière éparpillée. Tel site retiendra un panel de fonctionnalités, tel autre retiendra une seule et unique fonctionnalité car elle est nouvelle.
Il est vraiment agréable d’avoir rassemblé dans le même ouvrage et au même endroit à la fois ce qui concerne la vision stratégique de la « pieuvre de Montain View » comme la désigne Bruno Richardot et l’utilisation experte de Google.

Site de l’éditeur : http://www.editionsklog.com/

Site de l’auteur : http://www.bbs-consultant.net/

Sa propre présentation de l’ouvrage : http://www.bbs-consultant.net/vos-recherches-avec-google

Chronique par JP Accart : http://www.jpaccart.ch/analyses-d-ouvrages/2014-vos-recherches-avec-google.html

Chronique par Bruno Richardot (ADBS) : http://www.adbs.fr/vos-recherches-avec-google-bruno-bernard-simon-142335.htm?RH=1216305435750