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Les évolutions du métier de documentaliste, nouvelles fonctions

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Un article pour tenter de référencer les évolutions du métier de documentaliste par rapport aux activités traditionnelles. Certaines de ces fonctions sont parfois assurées à titre accessoire.
Cet article vise aussi à donner des pistes pour une réorientation professionnelle ou pour des choix de formation.

webmaster internet/intranet, gestion de projet web, référencement de sites web

architecte de l’information
Voir à ce sujet mon retour d’expérience sur le MOOC architecte de l’information

– archiviste / record manager / responsable de l’archivage managérial / document controller

  • archiviste : conservateur des informations à valeur probante
  • record manager : compétences de l’archiviste renforcées par une forte connaissance de l’organisation de l’entreprise + bonne maîtrise des technologies pour être à même de définir les mesures adaptées à la gestion des documents dès leur création. La fonction consiste à garantir un accès aisé et permanent aux archives vivantes et plus généralement aux documents d’entreprise.
  • responsable de l’archivage managérial : c’est un contrôleur de gestion de l’information, coordinateur et administrateur d’un dispositif; son rattachement à la direction de l’entreprise lui permet d’animer cette activité transverse (définition du CR2PA).
  • document controller : cette fonction s’exerce notamment dans le cadre d’entreprises industrielles et permet de gérer la documentation numérique associée à un grand projet (définition de Véronique Mesguich).

Voir à ce sujet mon retour d’expérience sur le MOOC Bien archiver, la réponse au désordre numérique

– veilleur, veille juridique, veille concurrentielle, veille stratégique, veille métier

– métier de l’intelligence économique, analyste stratégique, data analyst, e-reputation, renseignement, risk-manager

– knowledge manager – kmlawyer. Le Knowledge Manager a pour objectif général d’assister les juristes à capitaliser sur leurs savoir-faire et ainsi contribuer à la cohérence de doctrine, à favoriser un esprit de coopération et d’apprentissage permanent et à améliorer les délais des prestations juridiques.

– paralegal : assiste l’avocat dans ses dossiers, effectue des recherches, rédige des documents juridiques, coordonne d’autres salariés, prépare tout type de correspondance ; n’a pas la qualité d’avocat, n’a pas le droit de représenter un client devant les juridictions françaises mais peut assister à des audiences de procédure ou de plaidoiries avec un avocat ; son temps peut être facturé au client ; fonction qui existe surtout dans les cabinets d’avocats anglo-saxons

– gestionnaire de ressources numériques, gestionnaire de bases de données, outils GED (Gestion Electronique des Documents), chef de projet

expert en e-procédures (RPVA, eBarreau, i-greffes, Télérecours, COMPEN, OPALEXE, A VOS ACTES)
Les avocats n’ont pas tous le temps ou les compétences techniques pour appréhender les procédures dématérialisées parfois complexes. L’intervention d’un documentaliste, naturellement sensibilisé à la gestion des données et à l’utilisation d’un système d’information, est une aide précieuse. En les formant, le documentaliste juridique peut aider les avocats à s’y retrouver dans les e-procédures et assurer une veille technologique sur celles-ci.
Voir à ce sujet l’article S’y retrouver dans les e-procédures, témoignage de François-Xavier Mérigard.

– éditeur d’ontologies, taxonomiste, terminologue : thésaurus, langage contrôlé, web sémantique

– community manager : développe la connaissance de la marque sur le web, métier à la frontière entre communication, relation clientèle et marketing; communication sur le web, stratégie internet, newsletter, actions auprès des web influenceurs. Il gère la présence de l’entreprise sur internet, notamment dans les médias sociaux. Il construit une relation durable avec les clients et prospects, tout en travaillant à la visibilité et au référencement de la marque grâce à la publication régulière de contenus.
Un community manager gère la page Facebook, les différents fils Twitter, les pages Linkedin et le blog de la structure qui l’embauche. Pour les informations juridiques, ce sont (souvent) les avocats qui ont la main et qui produisent le contenu.

– marketing digital : e-reputation, référencement naturel et payant, études en ligne

– responsable communication, business development, analyste marketing, rédacteur web, journaliste

Nathalie Rehby en dialogue avec Carole GUELFUCCI et Jean Gasnault livre une première réflexion dans la LJA (La Lettre des Juristes d’Affaires) sur l’information : « finalement, nous faisons tous le même métier, avec au cœur l’information, et nous le pratiquons sous des angles différents mais complémentaires. Ces angles sont la communication, le storytelling, la documentation, la gestion des connaissances, l’archivage, le marketing, l’intelligence économique, voire même certains aspects de la formation, du graphisme, du legal design, de la gestion de données personnelles ou encore d’interface avec les legaltech… »

Une direction de l’information au sein des cabinets d’avocats : pourquoi et pour quoi faire ? par Nathalie Rehbyn agence Satellitis, in LJA, Fiches pratiques, mars 2021
https://www.lja.fr/fiches-pratiques/une-direction-de-linformation-au-sein-des-cabinets-davocats-pourquoi-pour-quoi-faire-635425.php

– édition juridique (surtout pour les juristes), testeur pilote pour les éditeurs juridiques (notamment pour les nouvelles plateformes des bases de données), participation à la rédaction d’ouvrages ou d’articles via la collecte des sources

DPO = Data Protection Officer, gestion des données personnelles (en remplacement de CIL = Correspond Informatique et Libertés)

Sur les CIL : près de la moitié d’entre eux dont des informaticiens (38%), le deuxième contingent se recrute auprès des juristes (12 %), viennent ensuite les responsables qualité, documentalistes, auditeurs et contrôleurs de gestion. Près de 14 400 organismes ont déjà désigné un CIL (chiffres à jour à novembre 2014). Les assureurs sont en pointe, les banques restent dans l’expectative, les collectivités territoriales et locales rattrapent leur retard. Le CIL dresse la liste des traitements automatisés, il élabore une politique de protection des données à caractère personnel.

Sur les DPO : Depuis le 25 mai 2018 le règlement général pour la protection des données personnelles (RGPD) est en vigueur. Conséquence : les entreprises et les administrations qui utilisent des données à caractère personnel doivent recourir aux services d’un data protection officer (DPO)

– pilote ISO, contrôle de la qualité, normalisation, responsable achats, risk manager

– enseignement de la documentation ou des techniques de recherche, formation, MOOC (Massive Open Online Course)
Voir sur ce sujet : De la doc aux moocs, interview de Nelly Violette

data expert, data librarian, data analyst, data scientist
Le documentaliste, par sa connaissance des données et de leur structuration, peut jouer un rôle dans le domaine des big data, open data, open law (en droit)

Bertrand Calenge : carnet de notes (06/02/2015, Entre « data librarians » et médiateurs du savoir) :  Bref, de nouveaux profils commencent à apparaître avec force (de tous niveaux, experts et techniciens), et il est clair que le traitement de la donnée va transformer nombre de bibliothécaires de demain (et pas seulement eux !). Data librarians ou « bibliothécaires de données » – et data scientists dans le contexte des industries de l’information –  sont les nouveaux soutiers de ce monde envahi de données, chargés de mettre en ordre cette prolifération, dans le domaine de la recherche, de la statistique, de l’information bibliographique, e tutti quanti !…

Stéphane Pouyllau. Web de données, big data, open data, quels rôles pour les documentalistes ?. Documentaliste – Sciences de l’Information, ADBS, 2013, Vol. 50, pp.32-33. <10.3917/docsi.503.0026>. http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic 00960853  (18 mars 2014)
Ce qui montre que les professionnels de l’info/doc doivent accompagner en profondeur les enjeux de l’accès aux données (big et open data). Il s’agit là de l’indispensable garantie de succès afin que ces masses de données soient réellement réutilisables et ce par apport d’une contextualisation des données, par l’ajout de métadonnées, par la production d’enrichissement qui permettront de relier les informations entre elles et non simplement les mettre à disposition. Car aujourd’hui, l’open data ressemble le plus souvent à dresser des listes de catalogues de données comme on le faisait aux premières heures du web de vitrine 1.0.

Michel Remiz. Baromètre emploi : Archimag met la pression, Archimag n° 282, mars 2015, p. 6
L’explosion des données ne s’en tient pas à des interrogations purement informatiques laissées à la sagacité des DSI. Envisager de conduire une activité ou une entreprise par les données suppose d’élargir les points de vue : au-delà de la volumétrie, de la vitesse et de variété de ces données (trois « v » du big data), il faut aussi parvenir à les faire parler, c’est-à-dire les traiter et les analyser pour en tirer de la valeur. D’où de nouveaux métiers faisant appel à des compétences éloignées de celles des professionnels de l’infodoc (statistiques, mathématiques, informatique…), mais où ceux-ci ont également des arguments à faire valoir (sémantique, catégorisation, droit de l’information).

métiers autour de la gouvernance de l’information,  chief data officer, chief digital officer

Patrick Larcheveque : Qu’entend-on aujourd’hui par gouvernance de l’information ? (11/02/2015) : Gouverner l’information, c’est posséder la maîtrise globale, selon un angle de vue de niveau stratégique, du « flux d’information ». C’est donc une tâche complexe et de haut niveau qui prend en compte sa globalité et à des degrés diverses en fonction des enjeux stratégiques, les sept familles d’information (engageante, patrimoniale, sensible, personnelle, structurante, contributive et bruyante).

– métiers en rapport avec la compliance, compliance officier

Définition : contrôle du risque de non-conformité d’une organisation par rapport à des dispositions financières, législatives ou réglementaires ou de normes professionnelles et déontologiques, une non-conformité générant un risque de sanction judiciaire, administrative ou disciplinaire, de perte financière significative, ou d’atteinte à la réputation).

Le professionnel de l’information se réjouira de l’importance croissante de la fonction de compliance officer dans l’entreprise, dont les responsabilités inédites permettent une valorisation opérationnelle et stratégique de l’information au service de la préservation de la valeur de l’entreprise.

La compliance et le Due diligence dans le spectre de l’intelligence économique, Netsources, n° 124, septembre-octobre 2016

travailler avec une legaltech, interface avec les legaltechs

Les start-ups du droit ou legaltech sont de plus en plus nombreuses. Certaines mettent en avant le fait d’avoir recours à des documentalistes professionnels pour le développement de leur activité.

Ainsi Céline Berard Bondoux, qui a établi un partenariat avec Linfluent présente une vidéo où elle explique le principe du service : « L’utilisateur de cette solution accède à des bibliothèques en ligne dans lesquelles se trouvent des articles, vidéos ou informations pertinentes sélectionnées par des documentalistes professionnels dans l’objectif de programmer leur publication sur les réseaux sociaux. »

L’agence Eliott & Markus dans un article sur le Top 10 des legal tech qui vous faciliteront la vie évoque la solution Share Your Knoweldge (SKY) où « un documentaliste de SYK met en ligne chaque jour des « Flash Actu » permettant aux membres d’être à jour quant aux dernières évolutions législatives et jurisprudentielles ».

Fin octobre 2017, Séraphin Legal recrute un documentaliste spécialisé en propriété intellectuelle avec pour mission l’aide à la conception et à l’enrichissement de bases de données documentaires et pour compétences de bonne connaissance des sources d’information spécialisées ainsi que des outils de veille et de recherche juridique.

Qui mieux qu’un documentaliste pour faire de la veille et pour capitaliser les connaissances ? Les legaltech l’ont compris. Reste à savoir quelle solution aura un avenir dans ce marché très compétitif des innovations au service du droit.


Article régulièrement mis à jour depuis sa mise en ligne initiale le 22/8/2014. Dernière mise à jour : 22 mars 2021

quelques titres de presse économique

Les sources presse et la vie des affaires

quelques titres de presse économique

Être avocat ou juriste ce n’est pas que travailler sur les sources du droit.
Il faut aussi tenir compte de l’environnement politico-juridico-financier dans lequel nous évoluons et dans lequel vos clients évoluent.

Les solutions gratuites

J’ai souvent coutume de dire que faire sa veille professionnelle commence très tôt le matin, en prenant son petit-déjeuner et en écoutant la radio. Par radio, j’entends chaîne nationale d’information et non radio musicale.

Avec peu de moyens (financiers), il est possible de faire de la veille presse via Google actualités https://news.google.com/.

Pour poser des alertes sur Google, il faut disposer d’une adresse Gmail en passant par https://www.google.com/alerts.

On peut poser des alertes sur un nom de client, le nom de son cabinet, son propre nom ou via une équation de recherche.

Attention toutefois, cette veille actualité est loin d’être exhaustive. En effet, Google est bien connu pour présenter des biais (votre localisation, votre langue, vos centres d’intérêts connus) ; par ailleurs ne sont accessibles via Google que les articles en accès gratuit, ce qui limite considérablement les sources.
Si l’on schématise rapidement, le contenu de qualité des sources de presse est réservé aux abonnés (normal, ils payent pour cela), tandis que l’on retrouve sur Google actualités des brèves, des articles de moindre importance ou une sélection d’articles gratuits (parfois sur une durée limitée ou en nombre limité) pour attirer le lecteur et l’inciter à s’abonner.

Les solutions payantes

Lire la presse économique (Les Echos, Le Monde, Le Figaro, Financial Times, Médiapart, Le Canard Enchaîné…) me semble une base indispensable pour un juriste d’affaires ou un pénaliste.

Les avantages d’un abonnement à un titre de presse :

  • lire la presse en temps réel et surtout accéder au contenu réservé aux abonnés,
  • faire des recherches dans les archives du titre,
  • recevoir des alertes ou des newsletters thématiques en fonction de ses centres d’intérêt.

Si l’on a la possibilité (mais c’est une solution coûteuse qui s’ajoutera à un ou plusieurs abonnement(s) presse), il est recommandé d’avoir un abonnement à un agrégateur de presse. On en trouve souvent dans les services communication/BD ou dans les services Documentation.

Qu’est-ce qu’un agrégateur de presse ?

Définition inspirée par l’article cité ci-dessous.

« Un agrégateur fournit à ses clients un outil clé en main leur permettant de suivre quotidiennement, voire en temps réel, le traitement journalistique des sujets qu’ils surveillent.

L’agrégateur, qui a négocié des contrats de droits d’auteur avec les éditeurs, propose à ses clients sur une seule et même plateforme des contenus issus de la presse écrite quel que soit son support, mais aussi de la radio, de la télévision, de sites internet, de blogs, des réseaux sociaux et même d’études ou de rapports.

Six prestataires se partagent aujourd’hui le marché français de l’agrégation presse : Cision (avec L’Argus de la presse et Europresse), Dow Jones (avec Factiva), Edd (avec Press’edd), Kantar Media (avec Pickanews) et enfin LexisNexis Bis (avec ses trois offres : Nexis Uni, Nexis et Newsdesk).”

Veille : quel agrégateur de presse choisir en 2019 ? par Clémence Jost in Archimag

https://www.archimag.com/veille-documentation/2019/04/08/veille-quel-agregateur-presse-choisir-2019

Avantages d’un agrégateur de presse :

  • accéder à des milliers de sources journalistiques en France et dans le monde que l’on soit ou non abonné à ces sources,
  • faire des recherches sur des milliers de sources,
  • mettre des veilles (alertes) très pointues avec des équations de recherche,
  • concevoir et diffuser des panoramas de presse dans le respect des droits d’auteur,
  • accéder à beaucoup plus que la presse écrite traditionnelle puisque les agrégateurs référencent désormais certains blogs ou sites internet, certains comptes des réseaux sociaux, la radio, la TV et des rapports.

Le temps de l’analyse presse n’est pas celui de l’analyse juridique

L’analyse presse est beaucoup plus rapide. La presse produit des centaines d’articles par jour du même sujet, chaque article pouvant être revu et modifié en temps réel. Ces articles sont parfois difficiles à retrouver car ils sont modifiés au fil de l’eau. Sur une grande réforme législative impactant la vie des affaires, on aura accès à des commentaires beaucoup plus rapidement via la presse économique.

C’était le cas par exemple pendant les débats de la loi dite Florange du 29 mars 2014. Introduite comme proposition de loi en mai 2013, elle a été votée en mars 2014. Entre temps, elle a fait couler beaucoup d’encre dans la presse économique alors que la presse juridique s’est surtout emparée d’elle après son vote. Il en est ainsi de presque toutes les réformes qui ont un impact sur la vie des affaires.

Faire de la veille sur Twitter peut aussi aider pour détecter l’information dite à « signaux faibles ». L’information y circule très vite, souvent sous forme de scoops. Par ailleurs, on rencontre beaucoup de journalistes sur Twitter ce qui permet de nouer d’éventuels partenariat presse.

Pour conclure

je souhaite revenir sur la newsletter BipBipNews.

Je la conseille souvent car elle balaye une fois par semaine l’actualité du droit des affaires en 2 minutes avec justement cet angle politico-juridico-financier qui la rend particulièrement pertinente pour des juristes et des avocats submergés d’informations, le tout avec un ton décalé qui fait du bien.
C’est un très beau produit documentaire GRATUIT, un modèle pour moi (j’aurais rêvé l’inventer !).
Il faut souligner que cette newsletter hebdomadaire ne vient pas d’une maison d’édition ou d’un organe de presse mais d’une société d’avocats et de juristes.
C’est l’exemple parfait de l’expérience utilisateur réussie : le produit conçu par des juristes qui parle aux juristes.

https://www.bipbipnews.com/

Si vous aussi vous avez un site préféré pour la veille actualité, vous pouvez le partager dans les commentaires. Merci !