En mai 2022 j’ai été interviewée par Bruno Texier d’Archimag au sujet des legaltechs.

L’article est publié dans ARCHIMAG (numéro 356, juillet-août 2022, pp. 28-29) -> La documentation juridique au défi des legaltech par Bruno Texier.

Bruno Texier m’a autorisée à le diffuser ici. Consulter l’article.

L’entête de l’article :

« Devenues incontournables dans le domaine de la documentation juridique, les legaltech cherchent à bousculer les éditeurs traditionnels. Du côté des documentalistes, ces nouvelles technologies suscitent interrogations et engouement. »

Ci-dessous quelques notes préparées pour répondre par écrit aux points d’intérêt de Bruno Texier. Il s’agit plus d’une prise de notes que d’un véritable article.

Ce qui est intéressant c’est que Bruno Texier a pris le soin d’interviewer mon confrère Emmanuel Barthe ce qui nous donne un article avec deux visions complémentaires.

Les notes ci-dessous ne traduisent que mon point de vue.

Je vous laisse vous reporter à l’article complet en cliquant sur son lien ci-dessus.


Quelques notes pour préparer l’interview

– Définition des legal tech

Start-up (du droit) qui utilise des données numériques pour en faire des bases de données ou des services dans le but de les commercialiser.

– Les legal tech impactent-elles l’activité des documentalistes juridiques ?
– si oui, de quelle manière ?

Oui car elles :

  • Introduisent de la concurrence avec éditeurs traditionnels
  • Elles sont à l’origine d’innovations qui sont désormais devenues des standards car plébiscitées par les usagers
  • Avocats, juristes, stagiaires, documentalistes voient leurs postes changer du fait de l’automatisation de certaines tâches et donc doivent se remettre en question. Montée en compétence car les tâches répétitives sont automatisées.

– Faut-il repenser la formation (initiale / continue) des documentalistes juridiques ?

NON : il suffit de continuer à faire de la veille produits à la fois du côté des éditeurs classiques ou des legaltechs ; il est conseillé d’assister aux salons dédiés pour rencontrer les acteurs : https://transformations-droit.com/ les 17 et 18 novembre 2022

Il faut conserver la formation sur les sources papier car les documentalistes sont souvent les seules à savoir manipuler le papier face à des utilisateurs digital natives qui perdent tous leurs moyens lorsque la source qu’il recherche n’est disponible qu’en papier (ce qui arrive encore régulièrement en droit).

OUI car éventuellement certaines documentalistes pourraient aussi être amenées à travailler pour les legaltechs ; dans ce cas il faut prévoir des formations qui touchent à l’analyse des données (data analyst), à la visualisation des données (data visualisation), à l’innovation. Il faut des personnes capables d’interagir avec des ingénieurs tout en apportant une visions « documentaire » des outils et services.

– Quel impact du côté des outils et ressources juridiques ?

Plus de rapidité, une recherche plus technologique, plus proche du désir de simplicité des utilisateurs

De nouveaux standards de recherche et de présentation de l’information ; des innovations technologiques

Une recherche via Google qui gagne du terrain mais qui n’est pas très bien perçue par les professionnels de l’information ; un profilage de l’utilisateur qui fonctionne comme pour les GAFA ; la legaltech va pousser vers l’avocat des données qui correspondent à ses centres d’intérêt (au risque peut-être d’écarter des informations hors sujet privilégié qui pourraient néanmoins être utile – plus de profilage, moins de sérendipité ?)

Open data des décisions de justice. A priori les legaltechs qui sont agiles et composées surtout d’ingénieurs pourraient être mieux armées pour accueillir le flot de jurisprudences issues de l’open data des décisions de justice mais la mise en perspective de l’information nécessite des commentaires, de la doctrine, de l’analyse (que l’on trouve plus facilement auprès des éditeurs traditionnels)

A terme, plus de 3 millions de décisions nouvelles disponibles chaque année (contre 30.000 par an actuellement).


Merci à ARCHIMAG (Bruno Texier) et Emmanuel Barthe pour cette opportunité d’échanger sur ce sujet important pour notre métier de documentaliste juridique.

0 réponses

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Print Friendly, PDF & Email