Carnets Antonia Neyrins

Rencontre avec Antonia Neyrins le 12 avril 2008

Atelier Antonia Neyrins

Le 12 avril 2008, j’ai eu la chance d’assister à une rencontre avec Antonia Neyrins organisée par la médiathèque de ma ville. Je dis la chance car d’une part, Antonia Neyrins est une artiste reconnue dans le milieu des carnettistes et d’autre part, le sujet intéressait visiblement beaucoup de lecteurs de la médiathèque. Les places, limitées pour préserver un côté intime à la rencontre, étaient donc très convoitées.

Plus qu’une simple conférence, il s’agissait en fait d’une présentation de l’œuvre d’Antonia qui est venue avec une bonne partie de sa collection de carnets. Elle a déjà publié de nombreux articles, un livre sur la méthodologie des carnets de voyages et fait partie du collectif « les carnettistes tributants » mais elle n’a pas (encore) publié ses propres carnets. Avoir la possibilité de les feuilleter était donc un grand privilège puisque nous avions à faire à des inédits.

Quelques petites choses évoquées durant cette rencontre.

Les écrits…
Elle évoque le problème de la confidentialité des écrits. Il y a les écrits anodins et ceux que l’on a pas envie de faire lire aux autres. L’intime se prête mal au regard des proches et encore moins à la publication. Je ne suis pas loin de penser pour ma part que le carnet est parfois une forme d’art-thérapie et du coup je comprends bien ce sentiment de garder ses carnets pour soi.

Trois sortes d’écrit :

– les écrits joints : poème, recette de cuisine, ticket de musée, etc…
– les écrits descriptifs : il faut veiller à ce qu’ils ne soient pas répétitifs par rapport à l’illustration,
– les écrits esthétiques : lorsque l’écrit devient un dessin ou prend la forme d’un tampon, d’une calligraphie.

Antonia recommande d’écrire sur le moment pour que l’intensité de ce qui est vécu reste. Elle n’hésite pas à reproduire les paroles ou les expressions des personnes qui l’entourent en voyage.

Le partage…
Elle évoque aussi le côté intergénérationnel et partage du carnet de voyage; ainsi elle n’hésite pas à demander à son entourage de participer à ses carnets (ses enfants dessinent, sa mère lui raconte son dernier voyage), lors de voyages, elle demandent aux personnes rencontrées d’écrire dans son carnet, lors d’ateliers avec les adolescents, elle organise une ronde des carnets où chaque participant laisse une trace dans le carnet de l’autre.

Vivant et imparfait…
Elle emploie une très large palettes de techniques (aquarelle ou crayons aquarélables, pastels, collage, empreintes) mais elle insère assez peu de photographies car elle privilégie l’instant présent et ne retravaille pas à domicile. Du coup, elle semble accepter très facilement le côté vivant et imparfait de l’objet : il peut être tâché, un dessin peut rester inachevé, une page peut être considérée à ses yeux comme moins réussie mais elle la conserve. Elle va jusqu’à utiliser un vieux manuscrit ou des livres anciens comme support de carnet de voyage, dans ce cas, dessins et collages se superposent harmonieusement au texte imprimé du support d’origine. Finalement je réalise qu’il ne faut surtout pas chercher à obtenir le carnet parfait, très contrôlé, très organisé en amont ou en aval, mais laisser libre court à son imagination de l’instant présent.

Toujours avoir un carnet à portée de main…
Afin de s’entraîner au jour le jour, elle a d’ailleurs toujours un carnet de sac à mains, sans sujet particulier sur lequel elle note ses idées et un carnet de musées qu’elle complète au fur et à mesure des expositions ou des musées qu’elle visite.

Quelques idées pour rythmer un carnet de voyage :
– y coller des emballages alimentaires par couleur,
– y coller le nom du pays visité découpé dans les journaux locaux,
– faire la palette des couleurs du pays visité,
– travailler autour d’une carte géographique.

Le carnet doit parler aux sens :
– la vue est certainement le sens qui coule de source;
– le toucher : des plumes, des écorces, des feuillage;
– l’audition : on peut fermer un carnet avec un petit grelot, quelques coquillages qui tinteront à chaque manipulation; Antonia a aussi utilisé dans un carnet une puce électronique (à l’origine destinée à enregistrer un message) qui enregistre l’ambiance du voyage;
– l’odeur : encens, épices, feuilles ou fleurs odorantes;
– le goût : rien trouvé mais chez Antonia la nourriture est très présente dans ses carnets et sous toutes ses formes (dessins, emballages alimentaires, noms de produits locaux, notes de restaurants).

Blog d’Antonia Neyrins, http://antonia-neyrins.blogspot.fr/, son blog permet de connaître son actualité et de se renseigner sur les voyages qu’elle organise.

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